quelque chose au côté gauche

d'après "LA MORT D'ivan ilitch" de léon tolstoî

PROGRAMMÉ AU THÉÂTRE DE LA HUCHETTE DANS LE CADRE DU PHENIX FESTIVAL 1ERE EDITION 2021

 7, 14, 21 ET 28 JUIN À 19H30

reprise au studio hébertot du 28 octobre au 27 novembre 2021

les jeudis, vendredis, samedis à 19h


Adaptation libre et interprétation Hervé Falloux

Mise en scène Séverine Vincent

Scénographie Jean-Michel Adam

Lumière Philippe Sazerat

Costume Jean-Daniel Vuillermoz

Son Ladam

Durée 1h10 

Production L’ATELIER DE MARS

Communication Fous de Théâtre

Diffusion Passage production

Presse ZEF / Isabelle Muraour

Avec le soutien de l’ADAMI DECLENCHEUR et du Fonpeps

Crédit photo Rosalie Adam


Dans la Russie tsariste, Ivan Ilitch préside le tribunal de St Pétersbourg avec compétence et froideur.

Ayant brillamment gravi les échelons de la réussite sociale, rien ne l’intéresse plus que son prestige, l’apparat de sa vie mondaine et ses succès au whist. Sa vie est telle qu'il l'a toujours souhaitée : Facile, agréable, de bon ton.

Une petite douleur au côté gauche, et sa vie bascule : Au bord du précipice, il commence un chemin initiatique qui va le mener vers la lumière.

« Quelque chose au côté gauche », adaptation libre destinée à un seul en scène, propose de plonger les spectateurs dans le voyage introspectif de ce personnage à l’âme terriblement slave.

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Note d’intention / Hervé Falloux, adaptation et jeu.

Il y a trois ans, j’ai eu « des problèmes de santé », comme on dit pudiquement. Les médecins n’étaient pas très optimistes. Maintenant, je vais bien. Il est grand temps pour moi de revenir sur cette étape de ma vie. C’est une nécessité.

Que me reste-t-il de cette expérience extrême ?

Des moments de grâce inoubliables, de clairvoyance, des heures de totale sincérité avec moi-même et avec les autres, des instants d’humour avec les médecins. Tout cela mêlé d’angoisse, de peur, de faiblesse, de bravoure. J’étais « Au monde ».

Ces souvenirs ont été mon fil rouge pour l’adaptation de la nouvelle de Tolstoï. Ce que j’ai essayé de traduire, c’est le cheminement vers la lumière de cet homme égoïste, avide de reconnaissance et de plaisir vain. La maladie n’est là que pour révéler l’humanité d’Ivan Ilitch et donner un sens à sa vie. C’est un électrochoc. La pièce est le combat d’un homme contre lui-même, pour sa rédemption. Aucune intention d’un voyeurisme malsain pour la mort mais relater un chemin difficile, parfois drôle vers la vérité et la grâce.

Je suis bien placé pour savoir que dans les moments les plus dramatiques, l’humour n’est jamais bien loin. En tout cas, c’est un positionnement dont je ne veux pas me départir, ni dans la vie, ni sur scène. Rien n’appelle à la lourdeur, surtout pas la maladie et la mort.

Une certaine continuité

 

Non sans sourire et avec humour, je me dis que « Quelque chose au côté gauche » sera le dernier volet de « ma » trilogie. Il y a plus de 25 ans, j’ai adapté et joué « Mars » de Fritz Zorn pendant 3 saisons, il y a 5 ans j’ai adapté et mis en scène « Nuits Blanches » d’après Haruki Murakami, au Théâtre de l’oeuvre, aujourd’hui je souhaite jouer cette libre adaptation de « La mort d’Ivan Ilitch ». Des écritures, des époques, des cultures, des lieux différents mais les mêmes thèmes développés : vies entravées, insignifiantes, ratées. Déflagration d’un évènement violent (songe terrifiant chez Murakami, cancer chez Fritz Zorn, chute accidentelle chez Tolstoï) qui vient mettre en lumière la morbidité des vies. Il s’en suit un combat pour la vérité et la singularité de chacun.

Si cette oeuvre de la fin du XIXème nous captive toujours, c’est tout simplement parce qu’elle pose des questions éternelles : Quel est le sens de la vie ? Comment sortir de l’angoisse de la mort et de la finitude ? Ivan Ilitch est un homme de notre temps : Il rêve d’ascension sociale, de pouvoir, de luxe. Etre un « premier de cordée » ! Heureusement pour lui, un petit grain de sable, (Quelque chose au côté gauche) va gripper la machine et lui faire découvrir le meilleur de lui-même. Une humanité qui donne un sens à sa vie.

C’est un lieu commun (mais parfois, ils sont vrais) de dire que notre XXIème siècle n’a plus de repère. La course échevelée à la richesse, au bien-être personnel, à la consommation, engendre individualisme, égoïsme, repli sur soi. La pensée de Tolstoï, jamais moralisatrice, pleinement incarnée dans cet Ivan Ilitch de chair et de sang, de larmes et de désir, nous montre un autre chemin, une lumière salvatrice.

 

Note pour cette adaptation / Hervé Falloux

Je suis un adaptateur extrêmement fidèle aux écritures et aux oeuvres. Pour « Mars » de Fritz Zorn, pour « un privé à Babylone » de Richard Brautigan, pour « Nuits blanches » de Haruki Murakami, les critiques ont toutes souligné la fidélité et même l’hommage rendu aux écrivains à travers mes adaptations.

Pour « la mort d’Ivan Ilitch » le travail a été plus ardu. J’ai utilisé comme méthode de travail, celle des monteurs de cinéma qui s’éloignent du scénario et du tournage pour mieux servir le propos du réalisateur. C’est donc une libre adaptation (une fois n’est pas coutume) que je propose. Sans perdre la précision du langage de Tolstoï, je me suis appliqué à être plus concis, moins descriptif (nous sommes au théâtre) et à commettre quelques ellipses. La tension dramatique reste ainsi aigüe du début à la fin. Le suspense a toute sa place dans cette adaptation, c’est une course contre la montre.



Accompagnement au plateau / Séverine Vincent, mise en scène

Je connais Hervé Falloux depuis 25 ans. Nous avons souvent travaillé ensemble, dans des contextes très divers, de multiples plateaux teintés d’approches théâtrales aux couleurs contrastées. Je peux donc dire que je connais très bien l’acteur, ses facettes, l’étendue de son registre, ses (grandes) qualités et ses (petits) défauts.

Je connais aussi son travail intime, celui des projets qu’il porte, ce qu’il cherche, au fond. Sa quête d’artiste. Sa parole. On s’est toujours suivi de près, tous les deux, dans nos quêtes respectives. On s’est accompagnés, on s’est lus, conseillés ; pas mal de partage d’âme, en somme…

Et ici, il est avant tout question de ça : d’âme.

Il est question pendant une heure d’offrir en partage l’âme de ce pauvre Ivan Ilitch. Une âme toute déshabillée, totalement livrée au mystérieux voyage qui l’attend.

Lorsqu’Hervé m’a annoncé qu’il souhaitait revenir à la scène avec un sujet aussi sensible que celui de « La mort d’Ivan Ilitch », je me suis dit que les épreuves par lesquelles il venait de passer avaient dû laisser quelques balafres dans son beau moral… Et puis, connaissant si bien mon zèbre, ça m’a très vite interpellé : qu’est-ce qu’il fabrique ? Alors je lui ai demandé de me lire son projet à haute voix. Grand bien m’en prit ! J’ai immédiatement décelé, lors de cette lecture, l’incroyable matière vivante qui se dégage de son projet : c’est une éblouissante ode à la vie. Elle a tout de théâtral, cette adaptation, elle en est l’essence-même. Un homme (ou plutôt une âme), posé dans l’immatérialité, parcourt son existence, juste en mots incarnés, là, devant nous, sans aucun artifice.


Production, organisation, diffusion de spectacles vivants

François NOUEL

Tél : 01 48 84 75 79 - 06 74 45 38 64 

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