JOURNAL DE L'ANNÉE DE LA PESTE

D'après le texte de Daniel Defoe

Traduction, adaptation et mise en scène Cyril Le Grix

Avec Thibaut Corrion

Costumes Coline Ploquin

Création lumière Thomas Jacquemart

Collaboration artistique Emilie Delbée

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Production / Diffusion Passage production

1h10


Création festival d'avignon off 2021

Du 7 au 31 juillet 13h35 / Théâtre Condition des soies (relâche les 12,19 et 26 juillet)


1665, la peste s’abat sur la Cité de Londres. Châtiment divin ou mal venu du Levant, la peste se propage inéluctablement et désagrège l’ordre social. Les plus riches fuient en masse, les autres sont abandonnés à leur destin. La ville est isolée, coupée du reste de l’Angleterre.

Mark Saddler, un riche sellier qui commerce avec l’Amérique, décide de rester pour protéger ses biens. Témoin de chaque étape de l’épidémie, il examine les conséquences humaines qu’elle entraine : peur, espoir, affliction, folie et violence, recours à la religion ou au charlatanisme, repentance collective… Londres en 1665 ressemble à s’y méprendre à notre monde contemporain.

Le Journal de l'année de la peste éclaire avec une surprenante acuité, la crise que nous traversons, nous plongeant dans les méandres de l’âme humaine.  Toute catastrophe casse le cycle perpétuel du superflu, chacun est confronté à lui-même.

Pour les survivants, une seule interrogation demeure : quel sens donner à sa vie ?



NOTE D'INTENTION

C'est Jean-Claude Carrière qui, en novembre dernier, avait malicieusement attiré mon attention sur cette oeuvre de Daniel Defoe : « Tu devrais t’y intéresser ! » m’avait-il lancé alors que nous réfléchissions à une nouvelle collaboration. Je ne connaissais pas ce texte mais, dès la première lecture, j’ai immédiatement été saisi par l’actualité des questions abordées par Defoe et la force avec laquelle elles résonnaient dans le contexte de crise de la Covid-19.

 

Pour créer ce spectacle, je suis parti du texte originel anglais et l’ai traduit moi-même avant d’en faire l’adaptation. Pour cela, il m’a fallu construire une nouvelle articulation qui tienne compte des spécificités du langage scénique. En premier lieu, créer un redécoupage du texte qui permette une mise en image des différents épisodes du récit. D’autre part, définir une nouvelle temporalité et insuffler un rythme propre au spectacle grâce à différentes techniques : changement des temps, ellipses, focalisation, création de nouvelles scènes, flashback, basculement du personnage principal à un autre, …

 

J’ai fait le choix d’un seul en scène car je voulais conserver la forme du journal intime que je trouvais judicieuse : elle permet de rendre compte de l’âme du personnage, un être humain comme vous et moi qui vit de l’intérieur la peste et ses ravages. Cela fait écho à ce que beaucoup d’entre nous avons pu vivre lorsque nous nous sommes retrouvés à devoir vivre confinés pendant plusieurs mois, assaillis par une kyrielle de questions obsédantes auxquelles personne n’avait vraiment de réponses.

Par ailleurs, je trouve particulièrement intéressant de confronter directement le public à un personnage très éloigné au premier abord d’un homme du XXIème siècle – un commerçant anglais et puritain du XVIIème siècle - car cette distance permet de saisir avec beaucoup de perspicacité l’universalité des interrogations de l’être humain lorsqu’il se retrouve confronté à la maladie et à la Mort.

 

En termes de scénographie, la salle Molière du Théâtre de la Condition des Soies par son architecture (ancienne chapelle du Mont-de-Piété construite au XVIIème siècle), insuffle une force poétique extraordinaire à la mise en scène. Ainsi il s’agit de construire notre scénographie à partir de cet espace réel, dans un dépouillement qui mette le corps de l’acteur au coeur du dispositif scénique, où le spectateur se retrouve face à son alter ego, à sa chair même.

Quant à la lumière, elle s’attache à rythmer les différentes étapes de cette année de la peste qui parcourt un cycle annuel complet (décembre 1664 à janvier 1666), cycle que l’on retrouve symboliquement dans l’architecture ronde de la salle Molière. Le cercle est également pour moi une invitation au spectateur à participer physiquement à l’espace scénique, à entrer dans une autre dimension, celle du théâtre-monde. Ainsi la scène n’est pas le lieu de l’illusion mais un espace du réel où se jouent sous les yeux des spectateurs, les épisodes de la grande épidémie de peste de 1665.

 

Créer le Journal de l’année de la peste cette année si particulière en Avignon, c’est permettre de poser un regard distancié sur l’un des épisodes épidémiques les plus angoissants de l’âge moderne – La Grande Peste de Londres de 1665 - afin de mieux saisir et déchiffrer les effets et conséquences de la pandémie actuelle.

Cyril Le Grix

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Journal de l'année de la peste
Dossier de présentation Journal de l'ann
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