ALCESTE OU L'ACTEUR FOU

texte et mise en scène : Anne DELBÉE 

Le Théâtre, le seul désert où l’on ait la liberté.

Tu vois quand on joue c’est parfois comme lorsqu’on rêve, tout devient possible.

 

Du 7 au 30 juillet à 13h45

FESTIVAL AVIGNON OFF 2022 / LE PETIT LOUVRE 

Relâche les 12, 19, 26 juillet


Interprètes Valentin Fruitier, Emmanuel Barrouyer

Collaboration artistique Emilie Delbée

Avec la voix de Emilie Delbée

Costumes Mine Barral Vergez

Musique Patrick Najean

Lumières Thomas Jacquemart

 Durée 1h10

Production / Diffusion Passage production

Après une représentation du Misanthrope de Molière, Captain qui a joué Alceste et Isidore, Philinte, restent seuls sur le plateau du Théâtre qu’ils ne vont pas  quitter de la nuit partant à la recherche de « Molière ? », le poète, le chef de troupe, l’acteur fou qui se trémousse et se vide dans Pourceaugnac, défiant tous les pouvoirs de ses galipettes jusqu’à contrefaire la Mort sur son fauteuil alors même que son cœur se fracasse afin de témoigner jusqu’au bout comme Don Juan son « amour de l’humanité ».

Mais le rôle essentiel n’est-il pas Célimène, Elle l’amour fou de Captain.

Hanté par son absence et sa voix, il comprend peu à peu le mystère de ce personnage.

Ivresse, démesure, désespoir, joie, désir, dans une nuit de folie où tout est possible

même la venue de Molière.




@ Arthur Campardon


 Redonner vie aux acteurs

 

Nous étions en Juillet 2020 ! Les théâtres étaient devenus silencieux. Pour combien de temps — et je ressentais cette mort comme si bientôt l’humanité entière allait disparaître. Car sans la parole humaine, nous sommes bien peu de choses. 

Théâtre de la présence, en chair et en os, face aux spectateurs vivants, acte irremplaçable depuis la nuit des temps.

L’humanité n’était plus qu’un visage, le même caché, plat sous les masques et les voix n’étaient que des sons préenregistrés. Certes nous avions encore droit à des retransmissions, des captations, des « lives », ersatz du Théâtre — L’acte théâtral est peut-être le dernier acte de résistance dans des temps troublés, muselés, étouffés. Essentiel !

Le Théâtre à l’image de l’humanité avait perdu son rire, la palpitation de ses larmes, l’emballement de son cœur, le battement de ses pieds, le claquement de ses mains et surtout le scintillement des poètes.

C’est alors que j’ai pensé à Molière. Décembre 1665, Molière tombe malade, « L’Illustre Théâtre » ferme, les gazettes le disent mourant. Solitaire, sans troupe, il écrit pourtant pour résister encore une fois grâce au théâtre. Ce sera Le Misanthrope quelques mois plus tard et la grande figure d’Alceste, cet extravagant dans la lumière immortelle de la scène, peut-être « cet endroit écarté ».

« Où d’être Homme d’honneur on ait la liberté »

 

Le Vieux Maître m’a soufflé cet « Alceste ou L’Acteur Fou », l’Illustre Clown, le grand Molière qui ne renonçait jamais et repoussait la mort dans les coulisses du réel sachant qu’au Théâtre on ressuscitait toujours. J’ai alors écrit pour les deux acteurs qui m’avaient joué Alceste et Philinte deux ans auparavant, pour qu’ils s’incarnent dans ces deux personnages Captain et Isidore qui ne vivent qu’à travers le théâtre et fous de Molière. 

Je n’avais pas pensé une seule seconde, qu’en 2022 ce serait le quatre centième anniversaire de la naissance de Molière — Le Hasard est toujours au rendez-vous.

Alceste ou L’Acteur Fou, la réalité et le théâtre entremêlés. 

Trois personnages: Captain le metteur en scène qui vient de jouer Alceste, Isidore le compagnon de route à l’image de Philinte et Elle, l’amour fou de Captain que nous ne verrons jamais, l’actrice qui n’a plus voulu jouer Célimène tant l’incarnation l’a bouleversé.

 

Ecrire pour des acteurs et des actrices, vos compagnons, vos amis qui vous inspirent comme Molière dans l’Impromptu de Versailles est irremplaçable. Durant ces mois de silence, fin 2020 (début 2021) nous avons répété au Théâtre de la Contrescarpe que nous remercions pour leur accueil désintéressé — Sans décors, sans dates, sans horizon mais dans l’espace infini du théâtre où comme le dit Louis Jouvet « Personne n’a jamais verrouillé la porte aux esprits ».

À partir de ce texte, ce fut un travail à quatre, car l’invention des deux acteurs durant les répétitions, « Elle » présente ont illuminé ce travail de la scène et rendu tout possible. Nuit de folie, d’ivresse, de rage, de désespoir, joie, désir, pour une nuit de théâtre où tout est possible même la venue de Molière.

 

Car Dionysos, le dieu du théâtre grâce aux acteurs nous dit une fois de plus que l’on est vivant et que cela doit se fêter. 

 ©E.Orain


Anne DELBÉE / metteur en scène et écrivain

Anne Delbée pénètre à l’âge de treize ans pour la première fois dans un théâtre, pour assister à la représentation de Tête d’Or de Paul Claudel, ce soir là celle qui rêvait d’être écuyère choisit son destin : la passion du théâtre ne la quittera plus.

Sa première troupe est formée par ses compagnes du lycée où elle monte La Reine Morte d’Henry Montherlant. Elle enchaîne aussitôt les mises en scène et fait

renaître en 1973 le Théâtre Musical en Avignon. A vingt huit ans, elle est appelée au Théâtre de la Ville où sa mise en scène de L’Echange de Paul Claudel connaît un triomphe pendant deux ans. 

Une soixantaine de mises en scène suivent, dont on retient Phèdre de Racine à La Comédie Française, Don Giovanni de Mozart, La Traviata de Verdi, Le Chevalier à la rose de Strauss la trilogie de Racine (Andromaque, Bérénice, Phèdre), Les Brigands de Schiller, L’Aiglon de Edmond Rostand, Hernani de Victor Hugo, Tête d’Or de Paul Claudel.

Si Racine devient, dès 1982, l’axe de son travail, elle reste fidèle à l’oeuvre de Claudel tout en révélant l’existence, la même année de sa sœur Camille, par l'écriture d’Une femme, Camille Claudel, grand prix des lectrices de Elle, traduit dans plus de vingt pays.

Première femme à avoir été nommée à la tête d’un Centre dramatique national (le CDN de Nancy créé à cet effet), elle instaure un vrai travail à la fois sur le patrimoine sans ignorer les pièces contemporaines et ne cesse de promouvoir de nouveaux talents.

Parallèlement au théâtre et à l’écriture, Anne Delbée se consacre de plus en plus à la transmission de la tragédie, que ce soit dans des écoles de théâtre ou bien même lors de rencontres dans l’enseignement public et privé en France et à l’étranger.

Anne Delbée ne cache pas son attachement aux grandes luttes de l’humanité : Congrès International de la Paix des Femmes en 1985, Amnesty International, défense de Nelson Mandela. Dernièrement Anne Delbée a joué Racine ou la leçon de Phèdre où elle nous entraîne dans le désir racinien (Théâtre de la Contrescarpe et Théâtre de Poche Montparnasse à Paris).

Et en 2018, elle a mis en scène Andromaque et le Misanthrope aux Grandes Écuries à Versailles, en 2019 Anne Delbée a monté l’opéra Norma de Bellini au Capitole de Toulouse et va mettre en scène Le Viol de Lucrèce de Britten en 2023.

« Un jour viendra où l’on croira que le monde est mort. Alors le Théâtre réinventera l’humanité. » Anne Delbée


Production, organisation, diffusion de spectacles vivants

François NOUEL

Tél : 01 48 84 75 79 - 06 74 45 38 64 

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