POINTS DE BASCULE

de sarah pepe

>> LECTURE  Lundi 30 novembre 2020 à 15h30 / Théâtre de la Manufacture des Abbesses, 75018 Paris 


"J’avais lu l’ouvrage de Marlène Benquet, Les damnées de la caisse, qui relate une grève des hôtesses de caisse dans un hypermarché. Cela m’avait beaucoup intéressée, notamment les conséquences des nouvelles formes de gouvernance sur les conditions de travail.

La traversée du confinement et l’interrogation sur les métiers socialement utiles a suscité l’envie d’écrire sur ce sujet. Au même moment, je pensais raconter comment parfois une phrase, un geste, un acte peut influencer une vie."

Sarah Pèpe


A partir de ses textes (une dizaine de textes édités), Sarah Pèpe  invente des 

spectacles autour de thématiques qui l’interpellent aujourd’hui, à travers des formes scénographiques plurielles, propices aux questionnements.

4 spectacles ont déjà vu le jour : "Domestiquées", "Les roses blanches" (texte lauréat du prix ado du théâtre contemporain 2019), "Les pavés de l’Enfer" (bourse Beaumarchais-SACD) et "Les Folles de la Salpêtrière et leurs sœurs", qui a reçu l’aide Beaumarchais-SACD mise en scène.

Quand les riches volent les pauvres, on appelle ça les affaires.

Quand les pauvres se défendent, on appelle ça de la violence.

Mark Twain

Texte et mise en scène Sarah Pèpe 

Avec Tessa Volkine et Sophie Vonlanthen

Univers sonore Morgane Klein

 

Production Compagnie Vent Debout

Diffusion Passage production


Après plus de 30 ans de séparation, une femme (Sœur 2) dans une situation difficile, vient solliciter sa sœur (Sœur 1), cadre dans la grande distribution, afin de lui demander un emploi. Celle-ci lui offre un poste de caissière au sein du magasin où elle travaille. Petit à petit, Sœur 2 va prendre conscience des conditions de travail de ses collègues et commencer à tenir un discours critique qui l’oppose à Sœur 1, dont elle dénonce les méthodes de rationalisation des procédures de travail.

Un jour, l’une des employées vole de la nourriture jetée par l’enseigne. La sanction portée par Sœur 1 tombe et va enflammer les caissières. C'est l'exclusion pour l'employée coupable.

En même temps que le mouvement de révolte, se raconte une autre histoire, celle des deux sœurs, sur fond de secret familial....

 

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A l'heure où on nous dit que l’image a valeur de preuve, j’ai eu envie de questionner cela : 

Voir, est-ce accéder à la Vérité ?

Vérité familiale qui s'insinue entre les deux sœurs, cette question traverse également tout le mouvement de révolte des caissières.

Ce qui n’est pas vu agit

Toute la pièce déroule les conséquences d’actions non vues, qu’il s'agisse du secret familial, ou des véritables donneurs d’ordre, qui restent anonymes.

Voir n’est pas suffisant. Dès lors, la confrontation avec les autres visions devient une nécessité, afin d’accéder à un dessin plus global, qui modifie le sens.


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L’univers sonore, un personnage à part entière

Le dispositif d’écriture place la vie du supermarché hors du champ de vision du public, qui dès lors l’appréhende à travers les échanges entre les deux sœurs.

Aussi, les éléments entendus dans la bande-son seront comme une ouverture sur une réalité en direct, brute, c’est dire sans le filtre du récit. Ils seront travaillés avec le plus de réalisme possible.

Cet univers sonore reste néanmoins fragmenté. Comme des bribes que l’on saisirait par intermittence. Il raconte des scènes qui se déroulent entre les rencontres, mais il est « troué » comme le récit de l’enfance. Il sera éclairé/complété par les scènes entre les deux sœurs. Il raconte parfois la vie du magasin ; il raconte aussi comment les médias s’empare de cette histoire, qu’il s’agisse du moment de la manifestation, avec l’insistance à vouloir interroger les deux sœurs, en mettant en avant leur lien familial davantage que l’objet des revendications. Il raconte encore la répression, les coups, la surenchère dans la violence.  Il raconte enfin, à travers le téléphone qui n‘en finit pas de sonner le véritable commandement anonyme qui installe la violence et dresse les sœurs l’une contre l’autre et au-delà d’elles.

Au-delà de ces éléments « documentaires », l’univers musical, inspiré des bande-sons de thriller, racontera la tension et l’angoisse qui montent , et le climat de« guerre » qui s’installe.


Production, organisation, diffusion de spectacles vivants

François NOUEL

Tél : 01 48 84 75 79 - 06 74 45 38 64 

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